DERNIÈRE FRÉQUENCE : quand la radio devient une arme

Ecrit par Michel NEDMIC dans Cinéma, Spectacles, le 26 novembre 2025.

Le nouveau film de Facteur Cheval lance sa campagne sur HelloAsso

Dans un monde fictif profondément inspiré de l’esthétique et de l’atmosphère des années 70, le collectif Facteur Cheval dévoile DERNIÈRE FRÉQUENCE, un projet de court-métrage ambitieux où la radio, loin d’être un simple média, devient le théâtre d’une lutte invisible entre pouvoir et résistance.
Pour mener à bien ce film indépendant, la troupe a choisi de lancer une campagne de crowdfunding sur HelloAsso, invitant le public à participer à la naissance d’un univers rétro, tendu, et terriblement actuel.


Une dystopie aux parfums d’analogique

L’histoire se déroule dans un pays sans nom, coincé quelque part entre la mémoire des Trente Glorieuses et les prémices d’un futur alternatif. Ici, l’image n’a pas encore triomphé : la radio reste l’organe central du pays, un instrument qui rythme les journées, forme les esprits, et façonne les opinions.

Mais dans cet univers saturé d’ondes, un paradoxe domine :
la radio est à la fois l’outil du contrôle social…et la seule porte possible vers la dissidence.

Le pitch

Lors d’une interview politique en direct, un présentateur radio décide soudainement de se dresser contre le Directoire, l’autorité qui contrôle la population.


Radio Nationale : une machine parfaitement huilée

Le film s’ouvre dans les couloirs impeccables de Radio Nationale, la grande station d’État. C’est un monde où tout est calibré, chorégraphié, presque ritualisé :

  • les discours, soigneusement écrits pour épouser la ligne officielle ;

  • les silences, pesés comme des armes ;

  • les gestes, répétés jusqu’à perdre toute humanité.

À l’intérieur, chacun joue un rôle précis dans une gigantesque mise en scène sonore. La voix, omniprésente, n’est plus un vecteur d’expression mais un outil de pouvoir.


La parole comme champ de bataille

DERNIÈRE FRÉQUENCE explore un thème brûlant : comment la parole — vérité ou mensonge — devient une arme politique.
Le film interroge le rapport à la narration officielle, à la manipulation de masse et à la fragilité des certitudes dans un monde où la réalité s’écrit au micro.

Au cœur de l’intrigue, des personnages prennent peu à peu conscience de l’illusion à laquelle ils participent. Certains choisissent de s’y soumettre. D’autres, au contraire, commencent à dérailler du script. Et parfois, un simple souffle dans un micro peut ébranler tout un système.


Un cinéma d’atmosphère, entre tension et nostalgie

Facteur Cheval revendique un cinéma sensoriel, inspiré par :

  • la patine visuelle des films des années 70,

  • les studios enfumés des grandes stations publiques,les oeuvres dystopiques et engagées

  • de grandes œuvres dystopiques et engagées de Aldous HUXLEY, Georges ORWELL ou Sidney LUMET
  • et une esthétique sonore immersive où chaque fréquence compte.

La radio n’est pas seulement un décor : c’est un personnage à part entière, un monstre tentaculaire d’antennes, de boutons et de lumière rouge.

 


Une campagne de financement pour un film indépendant

Afin d’assurer une production fidèle à cette vision artistique, Facteur Cheval a choisi la voie du financement participatif via HelloAsso.
L’objectif : créer un film libre, audacieux, qui échappe aux contraintes des circuits classiques.

Les contributions souhaitées au minimum de 4 500 € permettront notamment :

  • de recréer les décors analogiques des studios de l’époque,

  • de fabriquer des accessoires et consoles inspirés des technologies vintage,

  • de financer l’enregistrement sonore, pilier du projet,

  • et de soutenir l’équipe artistique et technique.

Les donateurs auront accès à des contreparties immersives, allant des visites de plateau aux objets collectors inspirés du film.


Un projet engagé qui parle d’aujourd’hui

Derrière son monde fictif rétro-futuriste, DERNIÈRE FRÉQUENCE tend un miroir troublant à notre propre époque.
Dans une société saturée d’informations, où la frontière entre vérité et récit s’effrite, le film interroge ce que signifie encore “dire vrai”.

Et surtout : qui contrôle la fréquence sur laquelle nous écoutons le monde ?

Lien vers le projet

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