Télé-réalité hier, réalité « net » aujourd’hui

Ecrit par Cacy dans Actualités, Billets d'humeur, le 13 février 2011.

Billet d'humeurTélé-réalité hier, réalité « net » aujourd’hui

On pensait cela fini. On pensait le calvaire enfin terminé, la prise de conscience acquise et commune.

On commençait à prendre du plaisir à l’évocation d’une extinction proche ; à oublier les tous premiers jets façon « Graine de star » ou « Popstar » où l’on avait plongé par curiosité, friands déjà d’innovations.

On s’en remettait doucement au possible d’un changement de mode; une évolution des mentalités; l’agonie admise des shows façon « Nouvelle star » et autre « Star academy », ignorant jusqu’aux derniers sursauts dépravés de quelques émissions en quête de miettes grasses.

On y était. Du moins s’en donnait-on les effets et les intentions.

Et puis bam ! Contagion ! Transformation ! Chevronnage !
Beauté macabre du progrès qui ne termine jamais un cycle avant d’en avoir contaminé un autre ! Régression. Et danger.

« You are The label! » Voilà le nouveau Prime Time. Le nouveau show. Et combien, encore, de contagion prolifère dans cet absolutisme révolu.

« You are The label! » « You are The net! » « You are the Power! »

Tout est là; tout est dit; alors que déjà s’avance, tambour battant, non plus l’ère du net mais celui de l’internaute. 
Témoin hier de ce qu’il percevait comme le réel, assujetti à un échantillonnage choisi pour lui, le spectateur est aujourd’hui l’internaute qui ne souhaite qu’une chose : impacter ! Et de la manière qu’il le souhaite, avec toujours cette volonté de parti pris et de choix.

La différence ? Il n’y en a pas, si ce n’est ce sentiment de capacités nouvelles du fait de l’augmentation exponentielle du panel d’échantillons à tester, à éprouver, approuver, détruire. Et cette illusion mièvre que plus personne ne tire les ficelles et n’engrange les bénéfices.

Car oui. Dans sa nouvelle version, ce « net-réalité », le spectateur-internaute est celui qui a tout pouvoir, et pense le détenir. Il vote à sa guise, se donne des airs de mécène assermenté bien qu’ignorant. Il salive à l’idée d’extraire de la vitrine la confiserie tant convoitée qui ne durera que le temps de l’expérimentation gustative. Et il s’en amuse.

Pour lui, tout n’est qu’une question de jeu, de pouvoir, tandis que ladite friandise, industrielle à souhait, attend, soumise, dans l’espoir qu’une âme charitable vienne la choisir au milieu des rangées pleines. Et comment ne pas se perdre, et hésiter, face à une telle variété d’addictions chimiques ? L’internaute est-il à ce point manipulable qu’il lui faille se soumettre à tant de jouissance simple ?

Et voilà que glisse déjà l’euro symbolique permettant la rotation du distributeur. 
Et pas l’once d’une sensation coupable, tandis que l’entité sans talent s’extirpe pour rejoindre la masse des médiocres, sans même un regard pour les artistes méritants, oubliés en arrière, le nez collé à leur rêve, et à ce que devrait être le pouvoir du talent.

Alors quoi ? Que dire ? Que penser ? 
Le public serait à ce point enclin à ne promouvoir que le médiocre ? Le ressassé ? Le plat, mou et pédant ? 
Squizz de la télé-réalité qui lui a permis son émancipation ? 
Oubliés ces enchaînements de miauleurs et écrivailleurs en tout genre, promus artistes, auteurs, écrivains, sans pour autant en mériter le titre et encore moins le palmarès ?

A moins que cela soit autre chose, et que l’internaute ne fasse que promouvoir ce qui est à sa portée, à son image, de son niveau.
La question reste entière. Et finalement, comme toujours, ce sont les méthodes qui ont appris à évoluer.

…A quand les consciences…

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